Publié le 17/08/2018 • Par Maud Parnaudeau • dans : A la uneA la une emploiA la Une RHFranceToute l'actu RH 

Quand on travaille ou que l’on souhaite travailler dans la territoriale, que recherche-t-on ? Quels sont les critères qui rendent une collectivité attractive ? Pour le savoir, « La Gazette », en partenariat avec Emploi public et la mutuelle Territoria, a interrogé des agents en poste et des personnes en recherche d’emploi.

Alors que la concurrence sur le marché de l’emploi territorial n’a jamais été aussi rude, « La Gazette » a cherché à savoir ce qui motive les agents en poste et attire les candidats.

Si les conditions et les relations de travail sont considérées comme très importantes par l’ensemble des personnes interrogées, la rémunération ressort comme un critère déterminant pour les agents en poste . Ils sont seulement 25 % à en être satisfaits. A tel point qu’un salaire plus élevé pourrait inciter 45 % d’entre eux à partir travailler dans le privé. Ils sont aussi 65 % à affirmer qu’une meilleure rémunération les convaincrait de quitter leur poste actuel.

«L’insatisfaction de la rémunération est avant tout liée aux conditions de travail. Quand elles sont bonnes, la perception que les agents ont de leur salaire est moins négative », tempère Mathieu Delancray, directeur adjoint des ressources humaines du conseil départemental de l’Yonne (1 800 agents).

Au-delà de l’enjeu salarial, 37 % affirment qu’ils pourraient quitter leur poste en cas de mauvaises relations avec leurs collègues, 33 % en cas de désaccord avec leur hiérarchie. La moitié des agents serait motivée par un changement de statut, 34 % par l’opportunité de monter en responsabilité. L’équilibre vie privée – vie professionnelle n’est pris en considération que par un peu plus d’un quart des agents en poste (28 %).

Diversité des missions


Si la rémunération pose problème, ou du moins question, elle ne constitue évidemment pas l’alpha et l’oméga de l’attractivité. La diversité des missions est ce qui compte le plus. Elle est citée par plus de la moitié des agents (55 %) et 62 % des candidats comme le principal critère d’attractivité d’une collectivité. Viennent ensuite les opportunités d’évolution (49 % des agents en poste et 38 % des candidats) et la rémunération (38 % et 33 %).

Que pourraient mettre en place les collectivités pour se rendre plus attractives ? Dans les réponses à cette question ouverte, on retrouve la rémunération, que bon nombre de répondants souhaiteraient plus équitable, appelant de leurs vœux une meilleure adéquation entre le niveau de salaire et les missions, les responsabilités, les compétences, l’expérience et l’engagement. Ils attendent aussi un management qui donne du sens et de l’autonomie, valorise les potentiels et les initiatives, ainsi qu’une visibilité sur les parcours professionnels et les possibilités d’évolution. Une collectivité pourrait aussi attirer plus de candidats si elle mettait en valeur le rôle des agents auprès des usagers afin d’améliorer leur image dans l’opinion. Plus largement, il est attendu une meilleure communication sur la diversité des métiers de la territoriale et ses missions, notamment auprès des écoles.

Bonne nouvelle pour les collectivités qui cherchent à recruter, une part non négligeable des agents sont prêts ou en attente de bouger. En effet, 4 cadres sur 10, un tiers des agents de catégorie B et un quart des C pensent que, dans cinq ans, ils occuperont un poste dans une autre collectivité. Ils sont 25 % en catégorie A et 30 % en B et C à penser qu’ils auront évolué en interne.