Publié le 19/07/2018 • Par Julie Krassovsky • 

© Robert Kneschke / Adobestock

Le CNFPT vient de rendre publique la première partie de son étude sur l’impact de la transition numérique sur les métiers territoriaux. Entre gain d’efficience pour certains services et perte de sens pour d’autres : un bilan en demi teinte.

Menée par l’observatoire de l’emploi, des métiers et des compétences du centre national de la fonction publique territoriale, l’étude sur les impacts de la transition numérique sur les métiers de la territoriale s’organise en deux volets : rétrospectif et prospectif.
Le premier, dévoilé ici, s’attache à décrire les impacts de la transition numérique, en observant les procédures, les services et les outils numériques déployés dans les collectivités sur les dix dernières années ainsi que leur effet sur le quotidien des agents. Pour ce faire, l’observatoire a conduit une série d’entretiens semi-directifs, au cours de l’année 2017, auprès de neuf collectivités.

Le numérique au service de projets divers

Parmi les projets numériques étudiés figurent la réalisation d’un service à la population, la gestion du suivi des courriers et des procédures administratives, juridiques et financières, la gestion des ressources humaines et des projets d’administration.

La genèse de chacun de ces projets révèle l’absence ou la présence d’une stratégie globale et l’implication des différents acteurs. De fait, la mise en place d’outils numériques dans les collectivités a permis, pour certaines d’entre elles de développer une gamme de services destinée aux usagers-citoyens et aux partenaires.

Pour d’autres structures, les outils numériques et l’e-administration ne représentent qu’une amélioration des services existants. Enfin, certaines administrations  placent les outils numériques au cœur de leur projet, comme un vecteur de modernisation et de performance.

Les objectifs poursuivis à travers le numérique

Parmi les objectifs, viennent en premier les enjeux de pilotage et de maitrise de la masse salariale, la réduction du budget de fonctionnement.

Les enjeux environnementaux sont aussi fréquemment associés aux services numériques. Ceux-ci sont le plus souvent perçus comme des leviers de performance ou d’image concernant quelques services ou processus existants. Bref cette transition n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’amélioration du service rendu aux usagers et/ou au projet de la collectivité.

La place des DSI et des RH revisitée

Dans cette transformation numérique, la place des directions des services informatiques est centrale. Les DSI perdent toutefois leur monopole passé sur le pilotage des projets. Leur activité se centre désormais sur l’accompagnement du métier, notamment dans la mise à disposition et le traitement des données.

Les ressources humaines sont aussi placées au cœur des projets de dématérialisation qui induisent des réorganisations et très souvent une importante redéfinition des postes, une valorisation des taches et un accompagnement des mobilités éventuelles des agents.

Des fonctions nouvelles

La transition numérique génère enfin de nouveaux métiers dans les collectivités. Parmi eux : les animateurs ou animatrice de communauté  ou community managers, les responsables des données ou chiefs data officer, ou encore des chiefs digital officer, des responsables de la stratégie digitale.

L’impact du numérique sur les métiers « traditionnels » semble encore limité, mais les fonctions de certains postes se modifient déjà. C’est le cas de l’accueil, l’instruction de dossiers, la gestion des flux (courriers, factures, règlements, etc.) bousculés par le déploiement continu des applicatifs numériques et des progiciels.

Cette évolution induit pour certains agents une routinisation, un isolement et une répétition des tâches postées devant l’écran. De nombreux agents et cadres des services ressources humaines évoquent même « une perte de sens professionnel » qui s’exprime notamment par un appauvrissement des relations interpersonnelles. Quel en sera l’impact ?

Pour le savoir, il ne reste plus qu’à attendre le volet prospectif de l’étude. Sa parution est prévue début 2019.